[2000] – 36 rue de Chateaudun – 75009 Paris

Allier modernité et fonctionnalité tout en respectant la mémoire d’un lieu ancré dans un quartier en pleine dynamique tertiaire. Tel est le pari de la rénovation de cet immeuble situé au 36 rue de Chateaudun. Son propriétaire, la société d’assurances Norwich Union, souhaitait transformer son ancien siège social, rendu vacant par la construction du nouveau siège de Rueil-Malmaison, en le mettant aux normes des meilleurs immeubles tertiaires du quartier.

La rénovation de l’immeuble du 36 rue de Chateaudun est envisagée par son propriétaire, la société d’assurances Norwich Union afin d’offrir à la location des bureaux modernisés en étages, des surfaces de réunion à rez de chaussée, et un parc de stationnement créé en reprise en sous-oeuvre du bâtiment existant.

 

Celle-ci nécessite la réorganisation totale des circulations verticales, des blocs sanitaires et techniques, et est mise à profit pour mettre en place un faux-plancher de distribution cablé, et un faux-plafond incorporant l’éclairage et la climatisation.

 

Historique de l’immeuble

 

Nos recherches aux Archives de la ville de Paris nous ont permis de retracer le bref historique suivant : le permis de construire est accordé le 11 janvier 1932. Comme souvent, les plans annexés à cette autorisation n’ont malheureusement pas été conservés par l’administration, qui semble ne vouloir conserver que les remarques de l’architecte-voyer.

 

Grâce à ces dernières on peut cependant reconstituer les éléments suivants :

 

  • les façades actuelles sont conformes à leur construction à l’exception des deux premiers niveaux donnant sur rue qui ont perdu dans leur modénature et le choix des matériaux les constituants leur esprit « années 30 ».

  • l’intérieur de l’immeuble n’a jamais connu de rénovation profonde intéressant ses structures ou ses circulations verticales, mais une succession de recloisonnements partiels.

 

Parti architectural

 

Le projet architectural vise à respecter la mémoire du lieu : un immeuble typique des années 30 à usage de siège social dans une rue du IX° arrondissement en constante » tertiarisation » -, aussi bien dans la lettre -conservation ou restauration de ses façades-, que dans l’esprit -recomposition de ses circulations-, tout en proposant une distribution et un équipement des plateaux de bureaux conformes aux modes de travail contemporains.

 

Il est en effet surprenant de constater en parcourant les niveaux de l’immeuble actuel combien son intérieur dément les intentions qui ont présidé au dessin du bel ordonnancement de la façade donnant sur la rue de Chateaudun.

 

D’inspiration Art Déco, sa symétrie rigoureuse, l’ordre monumental développé par les ouvertures des deux premiers niveaux, les deux oriels réunis par l’entablement du balcon du sixième étage, la cascade successive des redents des trois derniers étages, imposent leur présence dans la perspective de la rue. L’immeuble se voit de loin, et ce souci de se faire remarquer a, à l’évidence, inspiré ses constructeurs.

 

Le contraste n’en est que plus fort avec la découverte de ce que dissimule ce rideau de scène : une parcelle peu profonde (26 mètres), un raccordement aux immeubles riverains se traduisant par une cour intérieure désaxée, un adossement aveugle sur la limite Est, un linéaire de façade Ouest biscornu suivant les irrégularités du parcellaire donnant sur la rue Taitbout.

 

Pire, la stratification dans le temps des réaménagements intérieurs a fait perdre toute lisibilité de la géométrie du plan d’étage, et toute cohérence esthétique.

 

L’immeuble a perdu au fil des années une grande partie de son identité.

 

Pour qu’il puisse retrouver un usage plus contemporain sans perdre pour autant le charme attaché à l’époque de sa construction, notre démarche s’appuie sur les thèmes suivants :

 

  • respecter la volumétrie existante, et retrouver la façade historique sur la rue de Chateaudun, notamment dans son soubassement.

  • créer un unique groupe de circulation verticale, agrémenté d’un large palier de distribution à chaque niveau pouvant s’éclairer sur la façade ouest donnant sur la cour commune, facilitant l’orientation de l’usager et du visiteur.

  • disposer dans les zones non éclairées les locaux techniques, les escaliers de fuite limitant les culs de sac et les sanitaires.

  • offrir à rez de chaussée des espaces d’accueil, de détente et de réunion tous éclairés en lumière naturelle.

  • restructurer le plancher de la zone centrale arrière pour permettre une flexibilité optimale de la distribution des fluides et des communications.

  • résoudre la difficulté de distribution occasionnée par la faible emprise du huitième étage.

  • organiser un circuit intérieur de livraison et d’expédition combinant une aire de stationnement à rez de chaussée, des archives en sous-sols, un monte charge desservant tous les niveaux.

  • créer un parc de stationnement adapté aux besoins des usagers, limités en tout état de cause par la bonne desserte de l’immeuble en matière de transports en commun.

 

 

terrain : 830 m²

programme : BUREAUX: 6 350 m²

calendrier : études : 1996 – 1998 ; livraison : avril 2000

coût : 48 900 000 F

assistants : A. Ribière, I. Gabriel, V. Naintré, M. D’Ortenzio

maître d’ouvrage propriétaire: Norwich Union France

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