[1997] – 56 rue de Turbigo – 75003 Paris

Pour la restructuration de cet immeuble, le parti architectural a respecté la mémoire du lieu – un immeuble de la fin du XIX° caractéristique des alignements haussmanniens de la rue de Turbigo -, aussi bien dans la lettre -conservation et embellissement de sa façade historique-, que dans l’esprit -recomposition de ses espaces de distribution-, tout en proposant à l’intérieur des nouveaux appartements une distribution, des surfaces et un équipement conformes aux modes de vie contemporains.

L’ampleur de la rénovation de cet immeuble du 56 rue de Turbigo a fait l’objet d’un pari ambitieux et réussi de la part de son propriétaire, la société Sofon, filiale de la BRED, qui l’avait hérité d’un client impécunieux.

 

Le manque d’entretien flagrant de l’immeuble appelait au minimum des travaux importants de remise en état, qui conserverait la distribution incommode des logements avec l’inconvénient de pièces étroites et mal éclairées sur l’arrière.

 

Un investissement plus conséquent de 50% autorisait une redistribution profonde de chaque étage, par la réorganisation totale des circulations verticales et des logements, et la recomposition d’une véritable façade arrière impliquant la démolition des constructions parasites dans la cour, avec l’inconvénient d’une perte de 8% des surfaces habitables.

 

Parti architectural :

 

Le projet respecte la mémoire du lieu -un immeuble de la fin du XIX° caractéristique des alignements haussmanniens de la rue de Turbigo-, aussi bien dans la lettre -conservation et embellissement de ses deux façades-, que dans l’esprit -recomposition de ses espaces de distribution-, tout en proposant à l’intérieur des appartements dont la distribution et les surfaces sont conformes aux modes de vie contemporains.

 

Les espaces collectifs :

 

La séduction quelque peu nostalgique qu’exerce encore sur nos contemporains l’immeuble de rapport haussmannien tient en grande partie à la qualité de ses parties communes: le volume de ces dernières exprime pleinement le statut social de ses habitants, volume dont la perception est magnifiée par le principe de son éclairement en lumière naturelle.

 

C’est ce principe de composition avec la lumière naturelle qui justifie la réimplantation de l’escalier et de l’ascenseur existants afin de mettre en scène des parcours.

 

Au rez de chaussée : le hall d’entrée prolongé par une cour recréée dans son axe.

En étages : la coursive de distribution intérieure située en façade autorisant toujours une échappée visuelle.

 

Dans le même esprit il était indispensable de conserver le principe d’un escalier ouvert sur la coursive qui seul peut assurer l’articulation harmonieuse de ces différentes séquences.

 

Les appartements :

 

La structure de chaque niveau se caractérise par l’existence d’un refend longitudinal écarté d’environ 5.50m de la façade sur rue, et de seulement 4m de la façade arrière. Dans ce dernier intervalle, deux très petits appartements de deux pièces y trouvaient difficilement place.

 

La conservation de ce refend a inspiré un principe très clair de redistribution des étages : la bande donnant sur rue abrite toutes les pièces à vivre des appartements et le rythme des baiesexistantes en induit la typologie, la bande sur cour abrite les pièces de service -cuisines et bains- et les circulations communes.

 

Ce redécoupage très fonctionnel de l’espace intérieur le requalifie dans sa globalité en supprimant tous les appartements qui donnent sur une cour qui reste sans un dégagement suffisant pour éclairer des pièces principales malgré la démolition des constructions parasites.

 

Les façades :

 

La façade sur la rue de Turbigo, à la modénature si caractéristique, souffre de deux types d’altérations.

 

La première vient d’un ravalement sans nuance en peinture qui a masqué le parement en pierre de taille du corps principal. Celui ci sera restitué.La seconde vient du soubassement commercial dont le développement anarchique a fragilisé l’équilibre global de la façade.

 

La création de faux trumeaux en pierre semi-porteuse, implantés en correspondance avec le rythme induit par le corps principal permettra de retrouver une assise à ce dernier et un cadre organisé pour les futures implantations commerciales. La façade arrière au XIX° siècle est traditionnellement moins noble, dans son parement comme parfois dans le manque de rigueur de ses percements. Après démolition du tènement en R+4 qui obscurcit sur sa partie gauche et de la verrue de l’ascenseur, la réécriture de cette façade cherche à en préserver le caractère domestique qui naît du rythme aléatoire de ses percements imposé par la distribution intérieure.

 

 

architecte associée : Iona Gabriel

programme : Logements : 1228 m² ; Commerces : 367 m²

calendrier : études : 1995-1996 ; livraison : 1997

coût : 12 709 600 MF

assistante : Valérie Naintré

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